
Le cygne trompette
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Le cygne trompette 
Cygnus buccinator
Après avoir frôlé la disparition, le cygne trompette fait un retour en Amérique du Nord. Il a fait l’objet d’une chasse intensive de la part des premiers colons européens, au point où l’on ne dénombrait plus en 1933 que 77 adultes reproducteurs au Canada et 50 aux États-Unis. L’espèce était chassée pour sa peau et ses plumes fort prisées; les plus grosses plumes de vol étaient considérées comme d’excellentes plumes à écrire. Aujourd’hui, l’effectif nord-américain compte environ 16 000 individus, grâce à une interdiction de la chasse ainsi qu’à l’adoption de programmes de réintroduction, à l’instauration de mesures de conservation de l’habitat et à la création de réserves.
Habitat : milieux humides d'eau douce et milieux humides estuariens côtiers; terres agricoles inondées
Aire de distribution : principalement l'ouest de l'Amérique du Nord, notamment l'Alaska, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, la Colombie-Britannique, l'Alberta, les États de Washington, de l'Idaho, du Montana et du Wyoming
Le cygne trompette est la plus grande espèce de sauvagine indigène de l’Amérique du Nord. Les adultes des deux sexes ont un plumage blanc tandis que le bec, les pattes et les pieds sont noirs. Chez l’adulte, les plumes de la tête et du haut du cou sont quelquefois tachées d’un brun rougeâtre, en raison de la forte teneur en fer de l’eau dans laquelle le cygne cherche de la végétation et quelquefois des poissons. Chez les juvéniles, la livrée est habituellement grise, avec des pattes, des pieds et un bec gris-rose. Le cri rauque, qui fait penser au son d’une trompette (d’où le nom de l’espèce), aide à distinguer cette espèce du cygne siffleur, dont la voix est plus douce et mélodieuse. Le bec cunéiforme du cygne trompette aide également à le différencier du cygne siffleur, une espèce plus petite au bec recourbé.
Le cygne trompette s’accouple à l’âge de trois ou quatre ans et conserve habituellement le même partenaire pour la vie. Après la construction du nid, la femelle pond un œuf tous les deux jours jusqu’à ce qu’elle ait produit toute la couvée, qui compte en moyenne cinq ou six œufs. Une fois éclos, les oisillons demeurent au nid avec leur mère pendant une journée environ, jusqu’à ce qu’ils puissent se garder eux-mêmes au chaud. Les jeunes demeurent ensuite avec les adultes jusqu’au retour aux lieux de nidification, le printemps suivant.
Avant le déclin démographique subi lors de la période de colonisation par les Européens, le cygne trompette se reproduisait dans tout le Nord canadien et jusque dans le sud-est des États-Unis. Aujourd’hui, les biologistes distinguent trois populations. La population des Rocheuses est formée de quelques milliers d’oiseaux qui nichent dans les montagnes Rocheuses du Canada et des États-Unis et qui hivernent à la conjonction des États de l’Idaho, du Montana et du Wyoming. L’habitat hivernal est particulièrement limité pour la population des Rocheuses, l’encombrement créant une situation physiquement stressante où la nourriture est limitée et qui se prête à l’apparition de graves flambées de maladie. La population de l’Intérieur, de moins d’un millier d’individus, comprend les troupeaux rétablis du Dakota du Sud, du Minnesota, du Wisconsin, du Michigan et de l’Ontario. Quant à la plus importante population, celle de la Côte du Pacifique, elle se reproduit en Alaska et hiverne sur les littoraux de l’Alaska, de la Colombie-Britannique et de l’État de Washington. Ces magnifiques oiseaux sont à ce point impressionnants que dans certains endroits de la Colombie-Britannique, notamment à Comox dans l’île de Vancouver, l’espèce suscite un grand intérêt local et constitue une attraction touristique dans ses aires d’hivernage.
Même si le nombre de cygnes trompettes a augmenté constamment, divers facteurs continuent de menacer l’espèce, notamment la perte des traditions migratoires et une baisse qualitative et quantitative de l’habitat hivernal. En Colombie-Britannique, où les cygnes sont nombreux à hiverner, Canards Illimités Canada joue un rôle très actif avec ses programmes de conservation de l’habitat qui profitent grandement à l’espèce. Grâce à la poursuite de ces efforts, l’avenir devrait demeurer prometteur pour le cygne trompette.
